SIBSO - Syndicat mixte du Bassin Supérieur de l'Orge

Syndicat mixte du
Bassin Supérieur de l'Orge

Continuité écologique

La continuité écologique, indissociable du fonctionnement naturel d'un cours d'eau, correspond à :

  • la libre circulation des organismes vivants, pour leur permettre l'accès aux zones indispensables à leur reproduction, à leur croissance, à leur alimentation ainsi qu'à leur abri
  • le bon déroulement du transport des sédiments,
  • le bon fonctionnement des réservoirs biologiques

Ainsi restaurer la continuité écologique c'est permettre aux rivières de suivre naturellement leur cours de l'amont vers l'aval (continuité longitudinale) et d'occuper le lit majeur en période de crues (continuité transversale).

Continuité piscicole

Depuis plusieurs siècles, la progression des poissons d'un endroit à un autre dans un cours d'eau est un véritable parcours du combattant. La présence de nombreux "obstacles" parfois infranchissables, rend leur progression difficile vers leurs milieux de reproduction ou de croissance.

Lire la suite

Un cours d'eau est un milieu vivant dans lequel les espèces aquatiques se déplacent constamment. C'est le cas de toutes les espèces de poissons. Elles ont besoin de circuler sur un linéaire de rivière plus ou moins long pour accomplir leur cycle de vie : reproduction, alimentation, croissance... On parle donc de "continuité piscicole" lorsque l'on veut évoquer cette possibilité de circuler dans le cours d'eau. La présence d'obstacles, tels que les buses, les seuils et les ouvrages hydrauliques rompt cette continuité.

truite fario
La truite Fario fait partie des espèces fortement impactées par la présence des obstacles
Une importante chute d'eau, infranchissable
Une importante chute d'eau, infranchissable

Les conséquences d'une rupture dans la continuité piscicole :

Une rupture dans la continuité piscicole d'un cours d'eau a plus ou moins de conséquences selon les cas de figure, mais d'une manière générale elle provoque :

  • une chute de la reproduction des espèces. Cela peut conduire dans les cas les plus défavorables, à une disparition de l'espèce du cours d'eau.
  • un isolement des populations. Cela limite les échanges génétiques entre une même espèce, augmente les risques de disparition et restreint les possibilités de recolonisation du milieu.
Une vanne cause bien des difficultés de franchissement aux poissons
Une vanne cause bien des difficultés
de franchissement aux poissons

La présence d'un obstacle provoque une rupture dans la continuité qui est plus ou moins importante/préoccupante selon :

  • la hauteur de l'obstacle : au delà de 40 cm, le passage de part et d'autre de l'obstacle est difficile voire impossible pour la presque totalité des poissons.
  • les conditions physiques au pied de l'obstacle (profondeur...),
  • les conditions d'écoulement de l'eau au droit de l'obstacle (vitesse, débit…).

Actuellement, sur l'Orge et la Rémarde, seuls 17 % des obstacles connus sont franchissables par les poissons. Cela conduit à la mise en œuvre par le SIBSO d'une politique volontariste en matière d'effacement/d'aménagement des obstacles.


Replier

Continuité sédimentaire

La présence d'obstacles constitue également un frein pour le transport des sédiments. Il en résulte une influence importante sur le fonctionnement des cours d'eau et un impact sur le développement des espèces animales et végétales.

Lire la suite

Visualisez la carte des obstacles hydrauliques !

Le rôle des sédiments

Un cours d'eau est un milieu vivant qui transporte des matériaux appelés sédiments. La force de l'eau déplace ces sédiments d'un endroit à un autre, modelant ainsi son lit. La diversité des sédiments transportés et déposés, crée des milieux de vie différents, propices à la vie et à la reproduction des espèces aquatiques. Les oiseaux, les insectes et autres invertébrés en profitent également, notamment du fait de la création de dépôts de sédiments émergés.

Les sédiments ont également une fonction d'abri pour certaines espèces, vis-à-vis des prédateurs, ou lorsque les conditions hydrauliques deviennent défavorables. Ils participent aussi à l'autoépuration des eaux.

Les sédiments peuvent se scinder en 2 catégories :

  • les sédiments "grossiers", posés sur le fond du cours d'eau, déplacés occasionnellement (notamment lors des crues),
  • les sédiments "fins", présents dans l'eau et transportés constamment.
Sédiments grossiers
Sédiments grossiers
Sédiments fins
Sédiments fins

Les conséquences d'une rupture dans la continuité sédimentaire :

Depuis de nombreuses années, la circulation des sédiments, comme celle des poissons, est entravée par la présence d'obstacles. Le bassin versant de l'Orge amont est particulièrement concerné par cette problématique.

Les obstacles font l'effet d'un seuil, provoquant la rétention des éléments "grossiers" avant l'obstacle. Les conditions d'écoulement sont donc perturbées et des phénomènes d'érosion apparaissent.

De plus en diminuant la pente du cours d'eau, les obstacles ralentissent l'écoulement de l'eau et provoquent l'envasement des lits. Les éléments fins en suspension dans l'eau se déposent anormalement du fait de la faible vitesse d'écoulement des eaux en amont de l'obstacle. Cet envasement a de nombreuses conséquences néfastes sur le bon fonctionnement et le bon état des cours d'eau. Il génère notamment :

  • un colmatage du lit et des sédiments grossiers, leur faisant ainsi perdre leur rôle biologique (abri, reproduction…)
  • une forte baisse de la qualité des eaux,
  • une homogénéisation des habitats aquatiques
  • une diminution des ressources trophiques et de l'oxygène
  • une réduction de la luminosité ...
Le lit mineur de l'Orge est fortement envasé par endroit.
Le lit mineur de l'Orge est fortement envasé par endroit.

 

Actuellement, les cours d'eau gérés par le SIBSO, hormis la Renarde, sont extrêmement envasés et tous présentent de gros problèmes en terme de transit sédimentaire au vu du nombre d'obstacles existants.


sermaise

Ci contre, un exemple de recharge en sédiments grossiers dans l'Orge. Le site se situe à proximité du centre de Sermaise.

Lors de ces travaux le SIBSO a fait procéder à la mise en place de sédiments grossiers. En effet les extractions et les curages répétitifs des décennies précédentes ont fait disparaitre la majorité des sédiments grossiers. Il est donc nécessaire aujourd'hui de procéder à des « recharges » de sédiment.

La seconde photographie montre le même site avant les travaux.


Replier

Effacement des obstacles à la continuité écologique

Les cours d'eau du bassin versant de l'Orge amont sont jalonnés de nombreux ouvrages hydrauliques à l'origine d'impacts négatifs sur les milieux aquatiques. Certains constituent même un véritable frein à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau. Le SIBSO a donc décidé que le rétablissement de la continuité écologique serait un axe d'actions important de sa politique.

Lire la suite

Les ouvrages/obstacles hydrauliques sont directement ou indirectement à l'origine de nombreux dysfonctionnements observés. L'impact le plus important est la rupture de la continuité écologique et son incidence directe sur la libre circulation de la faune piscicole et des sédiments. Secondairement, la présence de nombreux ouvrages en série a conditionné le tracé des cours d'eau et leur artificialisation.

Les ouvrages hydrauliques ont été créés dans un but bien précis

A l'origine, la possibilité d'utiliser la force de l'eau (force hydromotrice) comme source d'énergie, a incité nos ancêtres à installer des ouvrages (notamment des moulins) et à modifier les tracés des cours d'eau pour bénéficier d'une force maximale. Ils ont donc créé artificiellement des portions de cours d'eau (aussi appelées bief perchés) pour satisfaire leur besoin.

Un ancien moulin à Breuillet, avec sa chute imposante.
Un ancien moulin à Breuillet,
avec sa chute imposante.

Un bief perché se situe comme son nom l'indique, à une altitude plus élevée que le cours d'eau d'origine (qu'on appelle la boëlle dans le cas présent). Les biefs ont également été créés de manière à ce que leur pente soit la plus faible possible, c'est-à-dire la plus inférieure possible à la pente naturelle du terrain. L'objectif était de créer des chutes d'eau suffisamment importantes pour permettre une utilisation de la force hydromotrice.


Etat actuel : Coupe shématique de la vallée
Un ancien moulin à Breuillet, avec sa chute imposante.

 

La place des ouvrages à notre époque

Les ouvrages du Moulin Neuf à Ollainville sont obsolètes. Ils seront effacés par le SIBSO fin 2013
Les ouvrages du Moulin Neuf
ont été effacés en 2013
et un réaménagement du lit
et des berges du cours d’eau
a été réalisé sur
un peu plus de 100 mètres
en aval et 700 mètres en amont.

De nombreux ouvrages existants ne sont plus fonctionnels et/ou n'ont plus d'usage ; c'est notamment le cas de la plupart des moulins. Pour autant ils constituent toujours un obstacle à la continuité écologique des cours d'eau.

Face à ce constat, le SIBSO s'est donc engagé dans une politique raisonnée d'effacement des obstacles/ouvrages sans usage ou fonctionnalité, tout en veillant :

  • à préserver le patrimoine architectural qu'ils peuvent représenter,
  • à améliorer si possible la lutte contre les inondations, ou au minimum à ne pas aggraver la situation.

Une grande étude de restauration de la continuité écologique

Le SIBSO a réalisé une étude de grande envergure sur la restauration de la continuité écologique, sur les territoires de l'Orge amont, la Rémarde aval, et la Prédecelle, y compris sur leurs nombreux affluents.

L'objectif était d'établir à partir d'un diagnostic complet du fonctionnement hydro-géomorphologique des cours d'eau, un programme d'intervention sur les ouvrages, global et cohérent (inscrit au contrat de bassin 2013-2018).

Au cours de cette étude, la majorité des propriétaires d'ouvrages hydrauliques ont été rencontrés pour :

  • expliquer les objectifs de l'étude,
  • présenter les scénarii envisageables,
  • recueillir leurs attentes.

Les actions découlant de l'étude de restauration de la continuité :

A l'issue de l'étude, le SIBSO et ses partenaires ont acté :

  • l'abaissement/l'ouverture de 8 ouvrages hydrauliques, pour suivre le comportement et l'évolution du cours d'eau à leur niveau,
  • l'effacement total de 8 ouvrages.

A ce jour, les 8 ouvrages hydrauliques sont abaissés/ouverts et un ouvrage a été effacé

Ces ouvrages sont référencés dans le Contrat de Bassin Orge amont :

voir rubrique programme d'actions du contrat


Replier